Le CRAPAUD : démocratiser l’agriculture urbaine par la rencontre

2 October 2017

Une oasis de paix où on respire la nature en plein centre-ville de Montréal, est-ce possible? Les jardins collectifs du CRAPAUD offrent une abondance de verdure, nichée sur le campus de l’UQAM. Grâce à cette organisation à vocation sociale et scientifique, cultiver son jardin est aussi synonyme d’apprentissage. Voilà la vocation de l’organisme, le Collectif de recherche en aménagement paysager et d’agriculture urbaine durable (CRAPAUD) : c’est ici qu’on expérimente l’agriculture urbaine, et surtout qu’on éduque le public. Lumière sur cette initiative admirable vouée à l’accessibilité, enracinée dans le paysage urbain et social de la région.

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Au cœur de la vie collective et étudiante

Né en 2008 des suites d’un projet étudiant, l’organisme est aujourd’hui un acteur important en matière d’agriculture urbaine à Montréal. « Notre mission est vraiment éducative », nous explique Clara, coordonnatrice du CRAPAUD. « Nous donnons une plateforme aux gens pour essayer des choses dans l’agriculture urbaine, et pour populariser cette idée-là. L’objectif est de créer du tissu social, de donner aux gens un espace pour discuter et se détendre au centre-ville ».

L’organisme désire reconsidérer l’aménagement paysager, soit une façon d’embellir l’espace urbain, afin de le réconcilier avec l’agriculture urbaine, ainsi qu’informer les gens de la provenance de la nourriture et du processus agricole. « La biomasse de la ville n’est pas suffisante pour nourrir sa population, mais on essaie de ramener de la vie dans les espaces résiduels oubliés par l’urbanisation », indique Clara.

« Au lieu de dépenser des milliers de dollars uniquement pour du gazon vert qui coûte cher en fertilisation et en pesticides, on remplace le tout par des plantes potagères. Ce faisant, on adopte un aménagement paysager qui demande peu d’entretien, qui est local et durable, et qui embellit tout en profitant à la qualité de vie des gens et des autres espèces avec qui on partage l’espace », nous explique-t-on.

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Ateliers ouverts à tous

Le CRAPAUD se compose d’un conseil de cinq étudiants et d’une horticultrice qui veille à la supervision des plantations, à la gestion des insectes et au design des jardins. Chaque année, un univers tout entier s’articule autour de l’organisation grâce aux nombreux bénévoles qui s’y impliquent.

Tout au long de l’année, l’organisme tient de nombreux ateliers populaires ouverts à tous, ainsi que des visites pour les écoles et camps de jour avoisinants. Très courus, ces ateliers sont extrêmement appréciés du public : introduction à l’agriculture urbaine, plantes médicinales, mycologie, dégustation d’insectes… tous y trouvent leur compte et élargissent leurs horizons.

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L’heure de la récolte

L’été tire à sa fin, la récolte bat son plein et la nature foisonne sur les parcelles cultivées par le CRAPAUD, où une myriade de plantes en fleurs et de légumes mûrs s’entremêlent. On s’apprête à récolter concombres, choux-fleurs, radis, carottes du jardin, et la rhubarbe, la ciboulette, le fenouil et l’aneth tapissent le sol. Les haricots sont en fleurs, et plusieurs variétés de choux déploient leurs feuilles massives; le légume idéal pour les endroits ombrageux, selon notre guide. 

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Dans ses jardins à l’allure sauvage, l’abondance règne. « On pratique le compagnonnage pour éloigner les insectes nuisibles des plantes potagères », nous explique Clara en pointant devant les magnifiques fleurs qui tapissent le potager.
« Les fleurs vont continuer à fleurir et à nourrir les pollinisateurs, puis, en fin de saison, elles vont se semer elles-mêmes à nouveau ». Le CRAPAUD favorise les principes de la permaculture, qui lui permettent de cultiver des plantes qui s’entretiennent et s’entraident. « Ce sont des jardins autonomes, qui s’auto-
gèrent
», décrit notre guide. Ce sont ces plantes envahissantes que l’on qualifie, souvent à tort, de mauvaises herbes.

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Les plantes médicinales, qui occupent toute une parcelle, débordent de beauté.
« Une grande diversité de fleurs attire également les pollinisateurs », nous dit Clara. « On les laisse complètement libres, il y a très peu d’entretien à faire. Ce sont des vivaces, ou des plantes qui se sèment elles-mêmes ». On découvre les jolies fleurs de menthe, et l’agastache, une cousine de celle-ci : « c’est un peu comme notre lavande canadienne, une plante très aromatique », nous partage Clara. 

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L’hôtel à insectes 

Au milieu d’un jardin trône une majestueuse et intrigante structure de bois, qui porte le nom d’hôtel à insectes. Ce projet, introduit l’an dernier par le CRAPAUD, aide la biodiversité. « C’est un peu le contrepoids de la ruche urbaine populaire, qui n’accueille que les abeilles domestiques », nous explique-t-on. « On donne un habitat à tous les autres pour donner un habitat à tous les pollinisateurs locaux. Ces hôtels sont aussi un prétexte pour commencer une discussion sur la biodiversité et les pollinisateurs, et éveiller les gens à cette notion. » Les hôtels à insectes seront par la suite emballés pour passer l’hiver dehors.

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Au-delà du jardin

Sur le toit, où l’on pratique l’agriculture en bacs, c’est déjà l’heure de la corvée qui prépare le jardin à l’hiver. Clara nous montre la production en cours d’engrais verts. « On sème du sarrasin, de l’orge et des pois pour capter l’azote dans la terre. On laisse pousser le tout quelques semaines, puis on brasse de nouveau pour générer encore plus de nutriments. » Le CRAPAUD possède également ses compostières qui génèrent une production continuelle de matière organique.

S’activer dès l’hiver

L’organisme espère également obtenir bientôt son propre terrain d’expérimentation, soit une serre passive (sans électricité) qui viendrait allonger la saison. « J’ai tenté l’expérience chez moi, et c’est incroyable la différence que ça peut faire! Une plante va grossir quatre fois plus vite », nous raconte Clara. Ensuite, durant la saison froide, la récolte fera place aux ateliers et à la mobilisation. Le battement sera de courte durée, car dès février, le CRAPAUD est déjà à l’œuvre. « On commence à prévoir nos designs de jardins et nos semis, pour commencer à planter dès le mois d’avril. »

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Retrouvez le Willm Réserve Pinot Gris.

Le CRAPAUD donne également aux gens l’espace et les ressources afin que ceux-ci puissent être soutenus dans leurs travaux de recherche. C’est l’occasion d’amener les projets de l’université à la ville et à la communauté. Ceux-ci ont notamment donné naissance aux poulaillers urbains, une initiative qui se répand partout en ville, et à l’école d’été d’agriculture urbaine.

Forts de toutes ces nouvelles connaissances, à notre tour! Suivez les activités du CRAPAUD sur sa page Facebook ou sur son site web.

Pour plus de jardins urbains, lisez notre entrevue avec les Fermes Lufa et leurs serres urbaines qui se dressent sur nos toits montréalais, ainsi qu’Alvéole et sa production locale de miel.

Pour découvrir nos vins en SAQ, c’est par ici.